BUREAU des surveillants du collège La Bruyère, hier : un élève arrive en riant et demande un pansement pour une éraflure à la jambe. L’adolescent est « tombé », dit-il, alors qu’il se faisait poursuivre par ses petits camarades. Amusement anodin, ou jeu dangereux ? Pour Magali Duwelz, la réponse est simple : « Des qu’on touche à son propre corps ou à celui d’un de ses camarades, même pour s’amuser, il peut y avoir des conséquences. »
En partenariat avec la mairie de Courbevoie, la fondatrice de l’association SOS Benjamin passait la journée d’hier (vendredi 11 mai – NDLR) dans ce collège pour sensibiliser les élèves aux dangers de ces jeux parfois mortels. Elle qui a perdu son fils en 1995, victime du fameux jeu du foulard qui consiste à s’étouffer pour s’ »amuser », a décidé de s’investir dans la prévention de ces pratiques à risques.
A la demande « est-ce que l’un d’entre vous y a déjà joué ? », des dizaines de doigts se lèvent. Le but est de sensibiliser les élèves sans créer d’incitation ni de psychose, explique-t-elle. Il faut qu’ils comprennent que ces amusements peuvent les tuer ou gâcher leur vie. »
Une prise de conscience pas toujours facile, concède Nicole Laderrière, la principale du collège. « Les enfants ne se rendent pas compte, ils sont dans le virtuel, résume-t-elle. Quand on les interroge, ils disent toujours qu’ils jouent, que c’est pour rire. Mais face à des cas de violences ou d’humiliations, ils doivent réaliser la gravité de leurs actes. » Cette année, plusieurs cas de jeux d’attaque ont été relevés dans ce collège plutôt tranquille. Deux élèves ont été suspendus.
« Mais agir dans les établissements ne suffit pas », rappelle Taris Zaoui, médiateur d’éducation à la mairie de Courbevoie : « Il faut informer aussi les parents. Il y a quelque temps, une mère de famille m’a appelé pour dénoncer des violences contre son fils. En fait, on a découvert qu’il s’était fait mal en jouant à un jeu d’attaque avec ses camarades. » Une autre conférence de sensibilisation, à destination des familles cette fois, devrait être prochainement coorganisée par la mairie et
SOS Benjamin.
Le ministère de l’Education nationale vient de publier en ligne
un document de seize pages sur ces pratiques. Objectif : permettre aux adultes « enseignants, surveillants, éducateurs, infirmières » de repérer les signes et d’organiser des opérations de prévention appropriées.
(Source : Le Parisien 12 mai 2007)
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