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Le 15 février 2008 LEMONDE.FR avec AFP et Reuters

Mémoire de la Shoah : associations et historiens critiquent l'annonce de M. Sarkozy

Le projet de parrainage d'enfants de la Shoah lancé par Nicolas Sarkozy lors du dîner annuel du CRIF continue à semer trouble et perplexité, y compris parmi les historiens du génocide ou les associations.Emboitant le pas à Simone Veil, qui a [

 "TRI SÉLECTIF DES MÉMOIRES"

L'association Liberté pour l'histoire, qui regroupe plusieurs centaines d'historiens et enseignants, comme Mona Ozouf, Pierre Nora ou Jean-Pierre Azéma, a également fait part de sa réserve. Pour l'association, "quelque respectable que soit l'intention" de M. Sarkozy, cette initiative "substitue une démarche purement émotive à un apprentissage critique de l'histoire qui demeure le premier devoir des éducateurs". L'Union des étudiants juifs de France (UEJF) a accueilli "de manière réservée" l'annonce de Nicolas Sarkozy, jugeant que la mémoire "ne setransmet pas par un processus d'identification." Elle préconise que ce travail soit fait "de manière collective et permette de tirer des leçons." La Licra doute également de la pertinence du projet. "L'enseignement de l'histoire de la Shoah ne saurait passer prioritairement par le recours à l'émotion", écrit l'association dans un [

http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/02/15/shoah-simone-veil-juge-insoutenable-la-proposition-de-nicolas-sarkozy_1012067_823448.html#ens_id=861150 ]fustigé une idée "inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste." plusieurs historiens ont dit leur malaise. "Je pense qu'il y a quelque chose de réellement monstrueux de vouloir faire porter par un enfant de neuf, dix, ou onze ans la mémoire d'un enfant mort à une autre période", a déclaré sur France info cette spécialiste reconnue de l'histoire de la Shoah et elle-même petite-fille de déportés. L'historien Henry Rousso a dénoncé dans une [  http://www.liberation.fr/actualite/societe/310193.FR.php ]tribune dans Libération un "marketing mémoriel" : "Le bruit médiatique vient, une fois de plus, troubler le respect et le silence des morts de l'Histoire", écrit ce spécialiste de la Seconde guerre mondiale.http://www.licra.org/index.php?section=detail&cur_rub=1&id=2965 ]communiqué diffusé vendredi. "Profiter de l'immaturité psychologique de jeunes élèves de CM2 ne nous paraît pas judicieux si c'est l'histoire qu'on veut leur transmettre. Est-il sage, à l'âge où l'enfant construit sa personnalité, de lui demander de s'identifier à un enfant mort?", demande la Licra. Le MRAP a également fait part d'un "profond malaise" face à un "tri sélectif des mémoires."
La PEEP, deuxième fédération de parents d'élèves, a estimé "préférable que la transmission de témoignages soit faite de façon collective et partagée".
Lundi 18 février 2008
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Communiqué PEEP nationale - Communiqué du 15 février 2008 - Devoir de mémoire

 DEVOIR DE MEMOIRE

 Devant la déclaration du président de la République sur le parrainage d’un enfant juif, la PEEP souhaite réagir à son tour : 
Si les enfants n’ont pas à assumer individuellement la responsabilité de la mémoire d’un enfant mort, il est néanmoins absolument indispensable qu’ils apprennent, au cours de leur scolarité, que la Shoah a existé comme ils doivent aussi prendre connaissance des massacres des régimes tyranniques passés et, hélas, présents. Cet enseignement a légitimement toute sa place dans le cadre des programmes d’Histoire et d'Education Civique, à travers différents supports et aussi de manière transversale. Il est préférable que cette transmission de témoignages soit faite de façon collective et partagée.

 

Lundi 18 février 2008
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AP (Associated Press) - Vendredi 15 Février

PERIGUEUX - Nicolas Sarkozy a présenté vendredi la réforme à venir de l'enseignement primaire, avec des cours de soutien pour les élèves en difficulté, une évaluation des enseignants comme des écoles, des programmes recentrés sur le français et les maths et des cours de "morale".

"Notre école primaire ne se porte pas bien", a constaté le chef de l'Etat à Périgueux (Dordogne). Ainsi, "15% des élèves sortent de notre école primaire en grande difficulté", soit "100.000 enfants par an". Il s'est donné pour objectif de "diviser par trois d'ici la fin de mon quinquennat le taux d'échec scolaire à l'issue du CM2".

Dans le cadre de "la plus importante réforme de l'école primaire depuis des décennies", le temps scolaire connaîtra ainsi selon lui "une petite révolution", avec 24 heures de cours par semaine au lieu de 26. Et "au-delà de ces 24 heures obligatoires pour tous les élèves, dès le mois de septembre prochain nous offrirons donc (...) deux heures de plus en petits groupes pour les enfants en difficulté", a-t-il expliqué.

Le chef de l'Etat a aussi présenté son "projet éducatif" pour l'école primaire. Car "les programmes scolaires sont un sujet de débat politique (...) Ce n'est pas un sujet technocratique", a-t-il tranché, souhaitant "que nous revenions à l'essentiel, aux fondamentaux de l'école".

Il a donc plaidé pour des programmes de "quelques pages" consultables par les familles, "sans jargon" et "recentrés sur le français et sur les mathématiques". "L'orthographe", "la grammaire": "toutes ces disciplines seront remises à l'honneur", a-t-il affirmé.

De même, "l'accent sera mis sur la mémorisation de connaissances et de compétences clairement identifiées". Car "la mémoire, ça se travaille", "l'effort ça s'apprend", "la rigueur, ça se développe".

Nicolas Sarkozy entend aussi développer un système d'évaluation des enseignants et de l'école. "Deux évaluations nationales témoins seront créées" pour "mesurer chaque année les acquis des élèves au CE1 et au CM2", a-t-il dit. Et "chaque famille recevra systématiquement, non seulement les résultats de son enfant, mais aussi de son école".

L'évaluation des professeurs des écoles aura quant à elle lieu "tous les deux ans" au lieu de quatre actuellement en moyenne. Et elle "s'attachera d'abord aux progrès des élèves et non au choix de telle ou telle méthode pédagogique, que je veux laisser à l'appréciation de l'enseignant", a précisé Nicolas Sarkozy, balayant les "débats sans fin sur les mérites autoproclamés de telle ou telle méthode" d'apprentissage de la lecture. AP

Vendredi 15 février 2008
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L'Expansion.com du 14 février 2008

 Le volet éducation du plan banlieues précisé

 

Le ministre de l'éducation et la secrétaire d'Etat à la politique de la ville, ont annoncé jeudi des objectifs chiffrés pour le volet éducation du plan « Espoir banlieue » présenté vendredi dernier par Nicolas Sarkozy.Xavier Darcos et Fadela Amara ont tous les deux promis « d’aller vite ».Le chef de l’Etat avait annoncé vouloir faire des écoles de la 2e chance «la priorité de son quinquennat ». Ces 35 écoles, qui accueillent 4.000 jeunes aujourd'hui, en accompagneront 1.000 supplémentaires chaque année, a expliqué Fadela Amara. Dix autres seront créées en 2008, puis vingt en 2009, avec au total 10.000 bénéficiaires dans deux ans. Pour financer ce développement, le gouvernement va les autoriser à recevoir la taxe d'apprentissage. Un « fonds d'intervention spécifique » sera créé au sein du budget de l'éducation nationale pour financer, d'ici septembre 2008, 50 classes d'enseignement privé, « couplées chaque fois que possible » avec des places dans les internats d'excellence, a assuré de son côté Xavier Darcos. Riches de 700 places aujourd'hui, ces internats en proposerons le double à la rentrée, 2.500 en trois ans, puis 4.000 en cinq ans. L'Etat participera à hauteur de près de 2.000 euros par place. 
Pour « casser les ghettos scolaires », cinquante communes volontaires expérimenteront en outre le  ransport d'élèves de CM1 et CM2 dans d'autres écoles, hors des quartiers défavorisés, pratique connue  ous le nom de « busing ». La destruction et la reconstruction d' « une vingtaine de collèges identifiés » comme dégradés seront intégrées dans le programme de rénovation urbaine de l'ANRU, à partir de 2009. Xavier Darcos a affirmé disposer d'une enveloppe « d'environ 200 millions d'euros » pour l'année scolaire 2008/2009.

© LExpansion.com

 

 

http://www.lexpress.fr/info/economie/infojour/infos.asp?id=143927
Vendredi 15 février 2008
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Les profs sont au bord au bord de la crise de nerfs 
Claudine Proust samedi 02 février 2008 | Le Parisien

L'affaire de « la gifle de Berlaimont » fait causer dans les salles des profs et dans les familles. D'abord décrié, l'enseignant fautif voit des soutiens arriver de toute part, y compris des élèves et de leurs parents. Enquête sur des vies de prof de plus Un gros mot déplacé, une main qui part... Lundi, le face-à-face entre élève récalcitrant et enseignant à bout a dérapé. José, professeur de technologie de 49 ans au collège de Berlaimont (Nord), a levé la main sur un élève. L'enfant de 11 ans, fils de gendarme, l'avait traité de « connard ». L'enseignant, placé en garde à vue, sera traduit en justice le 27 mars prochain, en congé maladie d'ici là... L'affaire a pris des proportions telles que les profs se sont rangés aux côtés de José pour le soutenir. On ne gifle pas un élève, c'est interdit. Mais doit-on laisser un enfant insulter l'adulte qui lui fait cours ? Un malaise En quelques jours, les parents d'élèves se sont ralliés à cette même position : refuser que l'enseignant soit le seul « puni » et réclamer le retour à la non-violence partagée, au dialogue dans l'enceinte scolaire plutôt qu'à une judiciarisation excessive. Le ministre de l'Education nationale ayant demandé que l'élève soit aussi sanctionné, le rectorat de Lille a opté hier pour une « exclusion » de trois jours, assortie du retrait de dix points sur son « permis de conduite », selon le barème en vigueur dans l'établissement. Due ou pas, au-delà du débat, la gifle traduit surtout un malaise. En début de semaine, la Fédération des autonomes de solidarité (FAS), qui assure 580 000 personnels de l'Education nationale, annonçait avoir recensé 1 900 signalements d'agressions diverses entre septembre 2007 et janvier 2008, avec une montée des incivilités quotidiennes dans les établissements scolaires. Menaces, gestes déplacés, insultes... « Le rapport élève prof est beaucoup plus frontal qu'il y a vingt-cinq ans. Selon le stress, le jour et s'il n'est pas entouré de collègues pour l'aider à gérer hors de la classe son problème avec un élève, tout enseignant peut un jour craquer... une fois, et le regretter toute sa vie », confie Renaud, prof d'histoire dans un collège de banlieue difficile du nord de Paris. La gifle « n'est jamais une preuve d'autorité, un geste automatique, signe qu'à un moment le prof excédé baisse les bras ».

Lundi 4 février 2008
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La commission sur le métier d'enseignant fait polémique. Son président, Marcel Pochard livre au JDD quelques pistes sur lesquelles les experts ont travaillé: recrutement, formation, avancement, rémunération des profs. Tout y passe dans ce rapport rendu lundi à Xavier Darcos. Première cible de la commission Pochard: la gestion par l'Education nationale de ses ressourcs humaines. La commission s'est penchée sur la condition des professeurs des écoles. (Maxppp) Quatre mois de travaux et, au final, un Livre vert de 300 pages, dont le JDD s'est procuré la version définitive. Celle-ci sera remise demain à Xavier Darcos par le président de la commission sur la condition enseignante, le conseiller d'Etat et ancien directeur général de l'administration publique Marcel Pochard, qui s'explique ci-dessous. Parmi les douze membres de la commission figurait Michel Rocard, qui en a démissionné vendredi pour protester contre la déformation de ses propos dans Le Figaro. Certains membres de la commission ont regretté ce geste, craignant qu'il n'affaiblisse la crédibilité de leurs travaux. A quoi pourrait ressembler le prof de demain? Recruté à l'issue d'un master (bac + 5) et muté dans l'académie où il passerait son concours ; capable parfois d'enseigner deux disciplines ; contraint de travailler plus en équipe ; rémunéré davantage à condition de travailler plus (dans le secondaire) ; promu autant (plus?) au mérite qu'à l'ancienneté... Sans l'écrire noir sur blanc, la commission a jugé la gestion des ressources humaines au sein de l'Education nationale "désolante et presque inexistante". Mais il n'est pas dit que les syndicats d'enseignants voient ses propositions d'un bon oeil. Dans le même temps, elle pointe du doigt mutations et avancements, remettant en cause ce que certains membres appellent en privé "le rouleau compresseur du barème". Elle suggère aussi d'accroître le pouvoir des chefs d'établissement (en matière de recrutement des profs, d'organisation des emplois du temps, de déroulé des enseignements). Des membres de la commission, persuadés qu'il faut agirvite, ne cachent pas leur "peur réelle" de voir le gouvernement, qui rendra ses propres conclusions fin mai, faire preuve d'une trop grande prudence. Comme tant d'autres avant lui. Vous proposez de revoir le mode de recrutement des enseignants...Le travail de la commission est un travail de diagnostic et d'éclairage.Il ne s'agit pas de propositions mais de pistes. Il y a deux façons de devenir enseignant: par des recrutements en début ou en cours de carrière. Même s'ils sont marginaux, je tiens à ces derniers pour ouvrir l'Education nationale à la société et pour répondre aux besoins d'un établissement ou d'une école de disposer de tel type de personne, de tel âge, de telle formation, de telle expérience extérieure... Il faut absolument développer cette façon d'intégrer l'Education nationale. Côté début de carrière, le constat est que les jeunes ne sont pas suffisamment formés à la responsabilité d'une classe à la sortie d'un IUFM. Que faire? Améliorer un peu le système actuel, en renforçant la formation en alternance? Elever le niveau de qualification des nouveaux enseignants qui devraient être titulaires d'un master à bac + 5? A votre avis? C'est l'un des thèmes dont nous avons le plus discuté. Des concours nationaux repensés, avec une affectation  académique - je suis affecté dans un collège ou un lycée de l'académie où j'ai été formé - me semblent constituer une piste très intéressante. Vous parlez aussi d'aider financièrement certains futurs profs...Il est souhaitable que les enseignants reflètent davantage la diversité de la population, comme dans le passé. Une des pistes est donc non pas de réserver des places aux concours à certains étudiants, mais de les aider à préparer le concours en leur donnant les opportunités financières nécessaires sous la forme d'une allocation, par exemple. "Il y a un vrai problème de rémunération en début de carrière" Comment éviter que les débutants se retrouvent dans les zones les plus difficiles? J'ai toujours trouvé cela inacceptable. Deux hypothèses sont avancées: être plus regardant sur les demandes de mutation, si l'on estime avoir encore besoin d'une personne à tel poste pour un an ou deux ; l'autre idée est de renforcer l'attractivité de ces postes, mais pas par la seule incitation financière, qui n'est pas forcément un gage de motivation à l'égard des élèves. Nous préconisons la création, dans les académies, de petites équipes très réactives, spécialement chargées de cette mission. A elles de repérer les enseignants motivés, de leur dire individuellement: "Vous irez tant de temps ; avant, vous recevrez telle formation, vous y exercerez telles responsabilités, toucherez telles indemnités, pourrez faire telles choses ensuite..." Il conviendrait aussi que les recteurs déterminent précisément les postes sur lesquels ils estiment raisonnable d'affecter un débutant. D'une manière générale, vous déplorez la gestion des ressources humaines dans l'Education nationale. Elle n'est pas à la hauteur des enjeux d'aujourd'hui. La formation continue est déficiente, alors que les besoins sont gigantesques. Il faut anticiper les perspectives d'une carrière. Pourquoi ne pas prévoir des "rendez-vous de carrière" pour faire le point, envisager des réorientations? Nicolas Sarkozy avait promis d'augmenter les salaires des profs. Promesse tenue? Il y a un vrai problème de rémunération en début de carrière. Surtout pour les professeurs des écoles. Dans le secondaire, il existe la possibilité de faire des heures supplémentaires, plus une indemnité de suivi et d'orientation. Le primaire est plus verrouillé. ...

(source : Le Journal du Dimanche du 3 février 2008, Alexandre DUYCK)

 

 

Lundi 4 février 2008
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Le Figaro Aude Sérès   01/02/2008

Des élèves de CM1 de l'école d'Élancourt (Yvelines) expérimentent une nouvelle méthode d'enseignement de l'anglais par visioconférence avec un professeur basé à Oxford. Face aux résultats plutôt médiocres des élèves, le ministère veut développer les visioconférences qui permettent de converser avec des anglophones. Apprendre l'anglais à distance avec un véritable anglophone. Telle est la piste qu'explore l'Éducation nationale face à la disparité de l'enseignement des langues à partir du CE1, obligatoire depuis cette année. Hier, le ministère a dévoilé la liste des 40 sites pilotes qui vont tester ce mode d'enseignement, à l'image de ce qui se déroule à Élancourt, dans les Yvelines (lire ci-contre). À la rentrée prochaine, le dispositif sera étendu dans 1 000 écoles, en complément d'un cours traditionnel en classe. L'apprentissage d'une langue vivante est obligatoire depuis 2002 en CM2 et s'est étendu progressivement. Mais les disparités d'enseignements sont encore nombreuses. Face à une matière qu'ils jugent indispensable, de nombreux parents font part de leur mécontentement. À l'image d'Isabelle, maman parisienne d'une élève de CE1, qui estime que l'intervenant «n'apprend pas grand-chose» à sa fille. «C'est très ludique, mais cela pourrait être plus poussé», explique-t-elle. Même à Paris, où pourtant les intervenants de langue anglaise ne manquent pas, la situation n'est pas forcément brillante. Dans le public de CE2, quelque 97,5 % des élèves du public et 87,2 % des élèves du privé sous contrat bénéficient de l'enseignement d'une langue vivante à raison de deux heures par semaine. Ils sont 97,5 % en CM1 et CM2, où, sans surprise, la langue est à 86 % l'anglais. Ce sont principalement (à 80 %) les maîtres qui enseignent l'anglais, quelques professeurs de collège aussi. Enfin, les écoles peuvent recruter des intervenants extérieurs (13,9 %). «Mais l'objectif, explique Pascal Jardin, inspecteur général de l'Éducation nationale, est de privilégier une formation dispensée par les maîtres.» D'autant, insiste-t-il, que l'enseignement dans les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) comprend désormais une formation en langues. Anne Courtot, jeune enseignante en CE1 à Montereau, fraîchement émoulue de l'IUFM, est sceptique sur cette formation. «Ce n'est pas suffisant. En particulier, je ne suis pas suffisamment formée en pédagogie linguistique», explique-t-elle. Pourtant, seule de l'école à posséder l'habilitation pour enseigner l'anglais, elle doit jongler avec les horaires et les classes. Gilles Moindrot, secrétaire général du Snuipp, estime quant à lui qu'il faut «renforcer l'effort de formation continue en anglais». En voyant arriver les élèves de primaire, les professeurs de collège sont parfois sévères. «Certes, on a l'impression qu'ils en savent plus qu'il y a dix ans, explique l'un d'eux dans la région rouennaise, membre de l'Association des professeurs de langues vivantes. Mais la situation est très disparate. Globalement, ils connaissent un peu de vocabulaire, les couleurs, savent compter mais la construction des phrases est plus aléatoire.» Principal problème souligné par les enseignants : la prononciation, qui, selon de nombreuses études, doit être «mise en place très tôt».Communiquer très tôt avec les petits Anglais Pourtant, précisément, le recrutement des «locuteurs natifs» n'est plus la voie privilégiée. Afin de résoudre ce problème et de donner envie aux enfants d'apprendre l'anglais, certaines écoles ont déjà innové. Depuis sept ans à Brest, Philippe Le Bian, directeur de l'école Sanquer, a mis en place un système de visioconférence avec une classe d'Exter qui s'ajoute aux leçons hebdomadaires d'anglais. « Tous les jours à l'heure du déjeuner, je propose à quatre élèves de dialoguer pendant une demi-heure avec leurs camarades anglais, explique-t-il. En communiquant avec les petits Anglais, ils comprennent mieux pourquoi ils apprennent la langue.» La versionInternet des correspondants d'antan… Mais les échanges sont toujours d'actualité : une fois par an, au mois de mai, la classe de CM1 va passer une semaine à Exeter. Le dispositif a fait des émules : une petite douzaine d'écoles du Finistère le pratiquent, ayant investi dans un appareil de visioconférence qui coûte environ 6 000 euros. La visioconférence est-elle une solution ? Vice-présidente de la fédération de parents d'élèves PEEP, Claudine Caux «s'interroge sur la généralisation du système, notamment en zone rurale qui risque de rester longtemps sous-équipée». Liste des sites pilotes retenus 
Aix-Marseille Le Pontet (Vaucluse)  
Ecole Jean de la Fontaine Amiens Amiens (Somme)  
Cinq écoles de la communauté de commune d'Amiens 
Amiens Ecole 
Sagebien - Sains en Amiénois - Miannay Ham - Feuquières en Vimeu
Cuffies (Aisne) Ecole élémentaire
Besançon Sault (Hte-Saône) Ecole primaire
Bordeaux Périgueux (Dordogne) Ecole élémentaire de la Cité
Sainte Terre (Gironde) Ecole primaire
Caen Courson (Calvados) Ecole primaire
Alençon (Orne) Ecole Jean de La Fontaine
Clermont-Ferrand
Jaligny (Allier) Ecole élémentaire
Puy de Dôme - Sept écoles rurales : Ecoles de Charnat Lempty Palladuc -
Gouttières - St Priest des Champs Vollore Montagne Charensat
Dijon Semur en Auxois (Côte d'Or) Ecole du rempart
Migennes (Yonne) Ecole Marcel Pagnol
Lille Bruay La Buissière (Pas de Calais) Groupe scolaire Emile Basly
Tourcoing (Nord) Ecole Lavoisier
Limoges Limoges (Haute-Vienne) Ecole Henri Aigueperse
Meymac (Corrèze) Ecole élémentaire
Lyon Soleymieux (Hte Loire) Ecole primaire
Montpellier Nîmes (Gard) Ecole d'application de la Gazelle
Montpellier (Hérault) Ecole Jules Ferry
Nancy-Metz Circourt sur Mouzon (Vosges) Ecole primaire
Nantes Fontenay-le-Comte (Vendée) Groupe scolaire Bouron-Massé
Nice Tourette-Levens (Alpes-Maritimes) Ecole primaire
Orléans-Tours Blois (Loir et cher) Ecole Raphaël Périé
Poitiers Fléac (Charente) - Communauté d'agglomération d'Angoulême Ecole
Alphonse Daudet
Reims Chaumont (Hte-Marne) Ecole Lafayette
Chalon en Champagne (Marne) Ecole Croix Jean Robert
Sainte Menehould (Marne) Ecole Camille Margaine
Rennes Brest (Finistère) Ecole Paul Langevin
Auray (Morbihan) Ecole Eric Tabarly
Réunion Saint-Denis Ecole élémentaire centrale
Rouen Grainville (Seine-Maritime) Ecole Charles De Gaulle et Saint Valéry
en Caux (Seine-Maritime) Ecole Costes et Bellonte
Toulouse Vernajoul (Ariège) Ecole élémentaire
Catus (Lot) Ecole primaire
Millau (Aveyron) Ecole élémentaire de Crès
Paris (20 ème arr) Ecole des Amandiers 103 rue des Amandiers
Créteil Meaux (Seine et Marne) Ecole primaire Alain
Saint Mandé (Val de Marne) Ecole Charles Digeon
Villepinte (Seine St Denis) Ecole primaire Langevin
Versailles Elancourt (Yvelines) Cinq écoles Commanderie, Villedieu,
Berceau, Petits près et J. de La Fontaine
Puteaux (Hts de Seine) Ecole primaire La Rotonde

 

Lundi 4 février 2008
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Les Echos
Vendredi 1 février 2008
 
Les syndicats déjà très remontés
[ 01/02/08 ]
 
 
« C'est une provocation », s'est exclamé hier le SNES-FSU, principal syndicat d'enseignants du secondaire, n'excluant pas un appel à la mobilisation si Xavier Darcos ne prend pas ses distances avec le rapport.
 
Voilà déjà quatre mois qu'ils attendaient avec une impatience non dissimulée le Livre vert des 12 experts mandatés à la rentrée par le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, pour dresser un diagnostic du malaise enseignant et formuler des propositions pour en venir à bout. Hier, les principaux syndicats n'ont pas mâché leurs mots à la découverte de ce rapport d'étape, s'insurgeant notamment de la faible place accordée à l'enseignement primaire et du manque de moyens accordés à la réforme (qui se fera à moyens constants).
 
« C'est une provocation », s'est exclamé le SNES-FSU, principal syndicat d'enseignants du secondaire. A l'en croire, les sujets de mécontentement ne manquent pas : outre la question des salaires, il fustige la mise en place de la bivalence, l'hypothèse d'une régionalisation du recrutement, ou encore l'autonomie et le pouvoir accordés aux chefs d'établissement. « Nous sommes furieux et nous n'hésiterons pas à le faire savoir, quitte à descendre dans la rue, comme en 1989. Si le ministre de l'Education nationale ne prend pas très vite ses distances, nous n'excluons pas un mouvement », affirme Daniel Robin, cosecrétaire national.
 
Prochaines semaines délicates
Du côté du SE-Unsa, on se dit déçu du « fort tropisme budgétaire pour ne pas dire managérial » du rapport. « Nous, ce qui nous semblait déterminant, c'était d'aborder le devenir de la condition enseignante au regard de sa fonction principale : la fonction pédagogique », a regretté Luc Bérille, son secrétaire général.
 
Les chefs d'établissement sont en revanche demeurés silencieux. Idem pour le ministre de l'Education nationale, dont le cabinet a cependant rappelé qu'il n'était lié en rien par ces propositions, dont il attend la version définitive lundi. Autant dire que les prochaines semaines s'annoncent délicates, d'autant que Xavier Darcos rendra au printemps ses propres suggestions dans un Livre blanc qui sera discuté avec les syndicats.
 
Dimanche 3 février 2008
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