Le premier baromètre, ICE, (indice prédictif du climat d'école), qui analyse l'ambiance dans les écoles maternelles et élémentaies, que nous dévoilons aujourd'hui, est édifiant. Un quart des établissements jugent leur climat inquiétant, 22% moyen et 53% -ouf!- bon ou excellent. En cause : le comportement des enfants et les relations avec les parents."Un quart des écoles en seuil d'alerte, c'est beaucoup" résume Georges Fotinos, conseiller auprès du pt de la puissante MGEN et "père" d'ICE, qui sortira
bientôt pour les collèges. Comme il le reconnaît , cet indicateur même "béton et objectif" repose sur le regard des directeurs dont le moral est actuellement en berne.
Il y a 2 mois, une enquête menée conjointement par la MGEN et l'EN auprès de 868 écoles (182 variables réunissant 165.000 données !) a dévoilé le malaise ressenti dans le primaire, curieusemant plus fort que dans le secondaire : 92% des directeurs déclarent être de plus en plus soumis au stress et seuls 52% se disent satisfaits de leur métier : charge de travail usante, manque de reconnaissance, demandes de plus en plus pressante de la société - parents en tête - envers l'école et bien sûr le comportement des élèves.
" Oui, le climat se dégrade, mais ce n'est pas généralisé. "Cela dépend beaucoup de la direction et de la place que l'école accorde aux parents", explique Corinne Tapiéro, vice-pte de la PEEP, l'une des principales organisations de parents d'élèves. "Aujourd'hui beaucoup trop d'élèves tutoyent les enseignants. Les codes internes à l'école n'existent presque plus, à commencer par la politesse. Depuis qq. années, les élève qui arrivent en CP sont très agités, ont du mal à rester assis. Dans la cour de récréation, la loi du plus fort, même dans les jeux, à tendance à prédominer. Il ne s'agit pas de revenir à l'école d'autrefois, mais d'établir plus clairement l'autorité du maître et de faire du respect des règles de vie une priorité, comme dans le privé".
Le chercheur Eric Debarbieux, pt de l'Observatoire national de la violence à l'école, apporte un bémol. "L'école primaire, ce n'est pas du tout le Bronx, et l'on y fait du super boulot, d'ailleurs parfaitement reconnu par les français qui la plébiscitent dans tous les sondages. Mais le grand mérite de l'enquête de la MGEN est de dévoiler le regard des adultes sur leur école. Or toutes les études étrangères montrent le lien entre un mauvais climat ressenti et la hausse des violences. Il faut donc être très vigilant.
Source : "Le Parisien" 17/01/07
Commentaires