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l'imaginaire

Les profs pourraient être rémunérés au mérite
Marie-Estelle Pech et Aude Sérès
 30/01/2008.
 
Le groupe de travail s'est également penché sur le temps de travail des profs, une question très polémique. Crédits photo : Richard DAMORET/REA Une commission destinée à revaloriser le métier d'enseignant s'apprête à rendre à Xavier Darcos un document qui va bousculer le monde de l'éducation.
 
C'est un rapport innovant que va recevoir lundi Xavier Darcos sur le métier d'enseignant. L'idée centrale de ce document, encore en cours de finalisation, et dont le Figaro a pris connaissance ? Dessiner l'avenir d'un métier qui deviendrait plus flexible et serait fondé sur un nouveau système de rémunération. Derrière ce principe, se profile une ébauche de rémunération au mérite. Ce rapport servira de base au ministre, qui devrait au printemps annoncer ses propositions de réformes. En place depuis fin septembre, le groupe de travail, présidé par le conseiller d'État Marcel Pochard et auquel participe Michel Rocard, dresse dans ce rapport de plus de 150 pages des pistes pour réformer le statut des 800 000 enseignants. L'équation est complexe : comment calmer le malaise enseignant à budget constant tout en motivant un corps professoral qui se sent mal aimé et qui doit affronter des situations de violences quotidiennes dans certains établissements.
 
Pour lutter contre leur lassitude, le rapport veut en finir avec l'affectation systématique de jeunes fraîchement émoulus des IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres) dans les ZEP. Pour lutter aussi contre le faible niveau de salaire des jeunes enseignants ils démarrent avec 1,3 fois le smic , ces derniers devraient recevoir une prime de début de carrière. Et pour ceux qui veulent «souffler» au cours de leur vie, le rapport préconise le développement des passerelles avec le privé, mais aussi avec d'autres corps de la fonction publique. Ces «secondes» carrières sont pour le moment difficiles à mettre en œuvre.
 
Par ailleurs, est lancée l'idée d'un «Erasmus des profs», sur le modèle de ce qui se pratique pour les étudiants. Quelques enseignants de langues vivantes ont joué les pionniers avec succès. En contrepartie, le groupe de travail insiste sur une meilleure évaluation du travail des enseignants. Avec une augmentation du nombre des inspecteurs et un renforcement du rôle du chef d'établissement. Le but est clairement d'en finir avec une pratique des notes identiques pour tous. En filigrane, même si elle ne dit pas son nom, se dessine une rémunération au mérite, déjà pratiquée dans les pays anglo-saxons et décriée par les syndicats français.
 
Révision du temps de service
 
Le groupe de travail s'est également penché sur le temps de travail des profs, une question très polémique. Actuellement fixé à 18 heures pour un enseignant du secondaire titulaire d'un capes, le temps de présence devant les élèves est la seule donnée prise en compte. Or, ils accomplissent de multiples tâches qui vont de la correction des copies à l'organisation des conseils de classe et des réunions avec les parents. La commission réfléchit donc à une révision de ce temps de service qui tienne compte de ces missions. Il ne s'agirait pas pour autant d'une modification de leur temps de service, mais d'une rémunération supplémentaire des services rendus en dehors de la présence des élèves.
 
La commission revient aussi sur la formation des enseignants en IUFM. Elle insiste sur la nécessité de dispenser une pédagogie plus « pratique ». Elle veut diminuer le nombre de nouveaux enseignants qui arrivent chaque année devant les élèves sans formation à ce métier. Ils sont aujourd'hui un tiers. Les pistes évoquées ont déçu la plupart des syndicats enseignants. «La commission est passée à côté du sujet, estime-t-on au Snes, nous attendions une revalorisation du métier, on nous répond annualisation du temps de travail et heures supplémentaires.»  
 
 
Jeudi 31 janvier 2008
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Article du monde 30.01.2008
Dans tout lycée, les meilleurs élèves seront admis de droit en prépa
 
Le ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos, va adresser début février une circulaire à tous les proviseurs de lycée afin qu'ils présentent 5 % de leurs meilleurs élèves en classes préparatoires. Toute demande formulée par ces élèves sera automatiquement acceptée.
 
De source ministérielle, 400 établissements sur un total de 2 550 seraient en dessous du seuil de 5 %. Une centaine n'aurait inscrit aucun élève en classes préparatoires. "Nous allons axer nos efforts sur ces lycées et sur les bons élèves issus de milieux défavorisés qui, souvent, s'autocensurent", explique-t-on dans l'entourage du ministre.
 
Ce plan, élaboré avec la ministre de l'enseignement supérieur, Valérie Pécresse, doit permettre au plus grand nombre d'élèves d'accéder à aux classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE). Surtout implantés dans les lycées des grandes villes - un quart des départements comptent seulement une ou deux classes prépa, un élève sur cinq étudie à Paris -, ces temples de l'élitisme accueillent majoritairement des lycéens de familles aisées.
A la rentrée 2006, 54 % des 76 200 étudiants de prépa étaient issus de catégories sociales favorisées, contre 29 % dans un cursus de licence.
Selon un récent rapport du Sénat sur la diversité sociale dans les classes préparatoires, à résultats scolaires égaux, tous les élèves n'ont pas les mêmes chances d'entrer dans ces filières. "30 % des bacheliers avec mention issus de milieux enseignants ou supérieurs choisissent cette voie, ce n'est le cas que de 12 % des élèves issus de milieux populaires", écrivait le rapporteur Yannick Bodin (PS).
 
"BONNE VOLONTÉ DES PROVISEURS"
 
Inscrite dans les lettres de mission de M. Darcos et de Mme Pécresse, cette idée de droit d'accès aux classes préparatoires avait été défendue par l'universitaire Patrick Weil dans son ouvrage La République et sa diversité : immigration, intégration, discrimination ("La République des idées", Seuil, 2005). Nicolas Sarkozy comme Ségolène Royal l'avaient retenue dans leurs programmes présidentiels.
"Cette annonce est un premier pas mais ne peut pas être considérée comme une fin en soi. Contrairement au Texas, où ce système existe pour l'admission à l'université, il ne s'agit pas ici d'un droit inscrit par une loi, mais d'un système qui tient à la bonne volonté des proviseurs", juge M. Weil. "Il est dommage que le dispositif se limite aux classes préparatoires, et ne concerne pas toutes les formations sélectives après le baccalauréat", regrette-t-il.
Si les capacités d'accueil devraient permettre d'absorber ce surplus d'étudiants - on compte 4 000 places vacantes en première année de CPGE -, la mise en place d'un accompagnement matériel (bourses, logement) et pédagogique (tutorat, soutien scolaire) sera organisé, selon la Rue de Grenelle, dans "un deuxième temps".
Mme Pécresse devrait compléter cette circulaire par d'autres mesures, avec en ligne de mire l'objectif fixé en 2005 par Jacques Chirac d'un tiers de boursiers dans les CPGE d'ici à cinq ans. La politique volontariste d'ouverture sociale, amorcée par le ministre Gilles de Robien, a déjà commencé à porter ses fruits. Le taux de boursiers était passé de 18 % en 2005 à près de 22 % en 2006.
La ministre veut multiplier les partenariats entre établissements de banlieue et grands lycées de classes préparatoires, mais aussi encourager la collaboration entre grandes écoles et lycées défavorisés, à l'image de l'expérience menée par l'Essec. Autre piste, la distribution d'un "bonus" financier aux lycées qui accueilleront davantage de boursiers et d'élèves défavorisés.
Pour rendre le parcours en classes préparatoires plus sécurisant, un cadre national d'équivalences avec les universités sera mis en place. Cette disposition permettra aux étudiants en CPGE qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas intégrer une grande école de traduire en "crédits" universitaires leurs années en prépa.
 
Catherine Rollot
Article paru dans l'édition du 30.01.08  © le Monde.fr
Jeudi 31 janvier 2008
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Dépêches de l'Educationdu Mercredi 30 janvier 2008
 
Profs absents: Darcos relance le débat, les syndicats perplexes sur la loi Fillon
 
Grippe, stage de formation ou convocation pour examen: pour Xavier Darcos, les enseignants absents moins de quinze jours doivent être mieux remplacés, alors que les avis sont partagés sur l'efficacité du dispositif créé en ce sens par la loi Fillon sur l'Ecole, en 2005.
"J'espère, à la rentrée prochaine, avoir réglé une réorganisation complète du remplacement", a déclaré le ministre de l'Education sur RMC-Info mercredi. Selon lui, "ça se passe moins bien" dans un tiers environ des établissements.
Son entourage a précisé à l'AFP que pour les remplacements de courte durée, il s'agissait d'"améliorer le dispositif innovant" mis en place à la rentrée 2005 qui permet aux chefs d'établissement d'exiger des enseignants qu'ils se remplacent entre eux, moyennant paiement en heures supplémentaires majorées.
La défiscalisation et les exonérations sociales des heures supplémentaires majorées rendront les remplacements encore "plus attractifs", a-t-on ajouté, soulignant néanmoins: "on verra à la fin de l'année si, avec un coup d'accélérateur, ça marche mieux".
"Ca signifie que ce dispositif n'a pas bien marché, comme nous l'avions dit dès le début", a constaté Thierry Cadart, secrétaire général du Sgen-CFDT, pour qui de toute façon "ça se faisait déjà".
"Ca permet au ministère de faire croire qu'il oeuvre à la continuité du service public", a renchéri Philippe Guittet, secrétaire général des chefs d'établissement du SNPDEN (majoritaire).
Premier décret d'application publié de la loi Fillon, le remplacement des enseignants entre eux avait aussi été le premier point de discorde des enseignants et des chefs d'établissement avec Gilles de Robien. Le successeur du Premier ministre à l'Education nationale en avait alors fait un cheval de bataille, multipliant notamment les statistiques sur l'efficacité du système.
Mais en réalité, tout le monde s'accorde aujourd'hui à dire qu'aucune évaluation rigoureuse n'a été menée.
Le ministère chiffre à 16 millions d'euros, le paiement en heures supplémentaires majorées au titre du remplacement en 2006, soit une quantité difficile à analyser de 300.000 à 440.000 heures.
S'appuyant sur les remontées du terrain, le Snalc-CSEN (classé à droite) affirme n'avoir "pas eu d'écho de problème particulier ni d'affrontement" et la Peep (parents d'élèves) estime que "depuis 2005, ça se passe mieux, c'est rentré dans les moeurs".
Reste que, pour M. Guittet, cette promesse de M. Darcos s'apparente à "du bricolage", en particulier parce que le ministre ne parle pas de la qualité du remplacement. "La garderie, on sait le faire, mais du remplacement pédagogiquement efficace, ça ne se fait pas au coup par coup", explique-t-il.
Le responsable syndical se plaint du manque de titulaires remplaçants (17.000 sur 413.000 professeurs en collèges-lycées) pour courtes et longues durées: "en anglais aujourd'hui à Paris, on a du mal à trouver un TZR!" (titulaire sur zone de remplacement, ndlr).
Pour M. Cadart, il s'agit d'un moyen "idéologique" de promouvoir le principe des heures supplémentaires, slogan de campagne du président Sarkozy.
"On ne peut pas imaginer que les enseignants puissent rajouter deux, trois, cinq heures à leur service sans que ça se ressente sur leur travail et sur leur santé", argumente-t-il, inquiet des intentions de M. Darcos..
Jeudi 31 janvier 2008
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Le Parisien 17/01/08

Bientôt un Code de la paix scolaire.
 
QUAND Xavier Darcos et Rachida Dati, ministres de l'Education et de la justice, pénètrent dans le grand amphi-théâtre de la Sorbonne, hier matin, pour signer la convention avec InitiaDroit, l'auditoire - des recteurs, des proviseurs, des avocats, des magistrats - se lève. Un peu comme ces écoliers qui, jadis, saluaient le maître. La plupart attendent la présentation par les deux membres du gouvernement de - dixit le communiqué officiel :- « leur politique de lutte contre la violence à l'école ». Ils n'auront droit qu'à des
mesurettes. A l'annonce, par Xavier Darcos, du lancement du « chantier de la  rédaction d'un Code de la « paix scolaire », un procureur soupire. Ce document, rédigé par « un juriste reconnu », nommé « dans les prochains jours », avec la participation des lycéens, consignera « dans une langue accessible à tous » les règles dans les établissements et les sanctions en cas d'infraction. Dès la rentrée, les équipes éducatives seront priées de l'expliquer aux élèves. Le ministre a, par ailleurs, souhaité que le droit soit enseigné au lycée. De son côté, la garde des Sceaux a promis qu'une circulaire sera signée « dès ce mois de janvier» dans laquelle seront précisés les principes d'une « meilleure information» entre les chefs d'établissement, la justice et la police et d'une « meilleure réactivité ». Elle veut, en  outre, que « la justice protége mieux les personnels de l'éducation et leur famille ». « II faut en tirer toutes les conséquences pénales. Je le rappellerai à tous les parquets. S'il faut modifier le Code pénal en ce sens, je le ferai. » -
 
Jeudi 31 janvier 2008
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Le Parisien 17/01/08
 
 
COLLEGE ANTOINE-COYSEVOX (PARIS XVllle), MARDI. Caroline Belotti, avocate au barreau de Paris, a échangé avec des élèves de 5e sur les blogs et leurs dérapages diffamatoires. (LP/ALAIN AUBOIROUX.)
 
SUR LE BUREAU, près du tableau blanc, elle a posé un Code civil. Sa robe noire est sur un cintre fixé à la télévision de la salle de classe dont les murs sont ornés d'un portrait de Guy Moquet ou de l'affiche du film « Indigènes ». Face a elle, les élèves de la 5e3 du collège Antoine Coysevox à Paris(XVllIe). Deux heures (de grande écoute) durant, Caroline Belotti, avocate au barreau de Paris, leur rappelle que nul n'est censé ignorer la loi, leur offrant une plongée dans l'univers juridique.
A la demande des profS, des principaux et des proviseurs, ce genre d’intervention, à ce jour limitée à la capitale, va devenir bien plus fréquent dans les établissements. Hier matin, l'association InitiaDroit, collectif des 500 avocats prêts à prêcher bénévolement la bonne parole du droit dans les collèges et lycées, Xavier Darcos, ministre de l'Education, et Rachida Dati, garde des Sceaux ont signé une convention permettant de généraliser ces actions. Au collège Antoine Coysevox, le jeune auditoire s'étonne d'entrée de jeu que maître Belotti ne porte pas sa robe noire. «Je ne suis pas venue plaider, je ne suis pas au tribunal », sourit-elle. « C’est la même pour les hommes ?» demande un curieux. Cet après-midi là, elle est venue parler d'un thème si cher à la génération Internet: les blogs et leurs dérapages diffamatoires. Première question de la spécialiste en droit des affaires, parfaitement pédagogue: « Qu’est ce qu’on trouve sur internet?» « Tout, madame» répond, du tac au tac, un garçon. Caroline Belotti évoque ensuite longuement un cas d'école, une « histoire vraie », celle d'une employée. Qui placardisée puis licenciée après un retour de grossesse, a raconté « tous ses malheurs» sur son carnet virtuel, donnant numéro de téléphone et adresse du dirigeant « menteur et manipulateur» de son entreprise qualifiée d' « association de malfaiteurs ».
« Est-ce qu'on a le droit de dire va ? », interroge Ie conseil. « Des trucs comme va, on en voit plein sur Ie Web!» constate-t-il de lui, un ado. « Bien sur que non, ça porte atteinte à la vie privée », réplique son camarade Jessy. « Et ben, si on connaît l'adresse de la personne, y a des gens. Qui auront envie de le tuer », enchaîne son voisin.
C’est la pause.
« Je veux montrer que le droit est partout, qu'il s'applique à leur vie quotidienne », souligne Caroline Belotti. Les citoyens en herbes applaudissent l'initiative. « C’est très utile, va nous aide à ne pas se faire piéger », commente un surfeur averti. «Au moins, si on se met en faute, on sait à quoi s'attendre maintenant », lâche Hakim. Fabienne Lagie, la prof d'histoire-geo éducation civique est, elle aussi, séduite. II y a deux ans, un blog diffamatoire a l'égard de certains de ses collègues, écrit par une poignée de collégiens, avait fait couler beaucoup d'encre en interne. « Les jeunes concernés n'avaient absolument pas conscience que c’était illégal. Ils pensaient qu'on pouvait avoir des comportements orduriers sans être sanctionnés ».
Jeudi 31 janvier 2008
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Dans une note adressée aux recteurs, Xavier Darcos propose une «convention-type» à passer avec les mairies «volontaires», leur promettant une compensation financière si celles-ci organisent un accueil des enfants du primaire en cas de fermeture d'école.
Dans une note adressée aux recteurs, Xavier Darcos propose une «convention-type» à passer avec les mairies «volontaires», leur promettant une compensation financière si celles-ci organisent un accueil des enfants du primaire en cas de fermeture d'école. Crédits photo : Le Figaro

Le ministre de l'Éducation mise sur un système de garderie pour la première grève nationale des enseignants, le 24 janvier.

 

Le service minimum dans les écoles primaires, c'est pour dans quinze jours. Anticipant sur la rentrée 2008, Xavier Darcos, le ministre de l'Éducation nationale, demande aux maires des communes volontaires de l'expérimenter dès le 24 janvier, date de grève nationale à l'Éducation nationale. Il a envoyé hier une «note» détaillée à l'attention des recteurs : le financement du dispositif sera assuré à partir des fonds correspondant aux retenues sur salaire des enseignants grévistes : les mairies recevront 90 euros par tranche de quinze élèves à garder.

 

Les maires organiseront l'accueil des enfants dans leurs centres d'accueil ou lieux de loisirs, en s'appuyant sur le personnel issu de diverses structures associatives, puis ils seront remboursés. Depuis 2003, pour chaque jour de grève, l'État prélève en effet un trentième du salaire des professeurs grévistes , une manne non négligeable. Les enseignants qui veulent faire la grève devront quant à eux impérativement se déclarer 48 heures à l'avance. Interrogé sur un possible échec, le ministre a indiqué qu'il discuterait avec les syndicats si ça ne marchait pas, mais qu'il ne reculerait pas sur ce sujet.

 

Jacques Pélissard, président de l'Association des maires de France et élu UMP, insiste sur le fait que l'organisation d'un tel service doit être décidée librement par chaque commune, en fonction des contingences locales et du besoin des familles comme c'est déjà le cas dans certaines villes. Il rappelle que c'est d'abord à l'Éducation nationale d'organiser le service minimum. L'idée de Xavier Darcos est selon lui une «conception originale du service minimum par report de la responsabilité de l'État sur des acteurs étrangers aux conflits ayant conduit à la grève». Pour le moment, plusieurs villes se disent partantes sur le sujet. Un élu explique que, si les maires sont «aujourd'hui partagés», le problème devrait «dépasser la fracture politique entre la droite et la gauche. Nous sommes des gens pragmatiques et nous n'apprécions pas d'être confrontés à des parents sur les nerfs.»

 

 

«Continuité de service»

 

À la mairie de Marseille (Bouches-du-Rhône), où aucun dispositif n'existe, on va tenter une expérience dans «quelques écoles». Pierre Cardo, le maire UMP de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) sera, lui aussi, partie prenante du dispositif : «En banlieue parisienne, beaucoup de familles monoparentales à faibles revenus ne s'en sortent pas pendant les grèves. C'est la moindre des choses d'assurer la continuité du service public.» Dans cette ville, les centres aérés, les garderies seront ouverts pour que les parents y déposent leurs enfants.

 

Même cas de figure à Châlons-en-Champagne (Marne), où l'on va tester l'expérience «pour la première fois». Le maire, Bruno Bourg-Broc ne «veut plus que les familles soient prises en otages».

 

À Antony (Hauts-de-Seine), le maire Jean-Yves Senant approuve l'appui financier de l'État «mais c'est un service que j'aurais rendu de toute façon». Dans cette ville, les modalités de garde seront annoncées sous la forme de panneaux lumineux. À la direction scolaire de la ville de Strasbourg, on indique qu'il y a «une volonté très forte» de Fabienne Keller, le maire de mettre en place ce système. «Nous avons pour habitude d'embaucher des vacataires à l'occasion des grèves. Le financement de l'État sera bienvenu.» À Lyon, le maire socialiste, Gérard Collomb, n'est pas forcément hostile à la mise en place d'un tel dispositif, mais attend une «concertation avec la communauté éducative» de la ville.

 
Très remontés, les syndicats d'enseignants, eux, voient dans ce projet une tentative de court-circuiter l'exercice du droit de grève. Selon Gilles Moindrot, du Snuipp, cette expérimentation va aussi conduire à la mise en place d'une «usine à gaz» financière puisque l'État va financer les collectivités locales pour mettre en place des systèmes de garderie. Mais il faudra ensuite mobiliser des gens pour effectuer des contrôles de versement. Le 24 janvier fera figure de test.


(Source : Marie-Estelle Pech - 08/01/2008)

Samedi 12 janvier 2008
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