LES PLUS AIMABLES les surnomment les « républicains » de l’éducation ou les hussards de l’instruction. Beaucoup ne voient cependant en eux que de vulgaires « réacs », des catastrophistes ou des passéistes versés dans la nostalgie de l’école de papa. Celle des uniformes et des tables à encrier.
Depuis 10 ans, leurs attaques contre une « école malade et déliquescente » se font de plus en plus pressantes. Avec un certain succès, d’ailleurs, puisque leurs thèses séduisent chaque année plus de Français. Regroupés au sein d’un collectif pour la refondation de l’école, ils enfoncent désormais le clou en lançant un appel solennel et alarmiste à Ségolène Royal et à Nicolas Sarkozy, texte qui aurait déjà recueilli plus de 10 000 signatures (sur
www.refondation-ecole.net). Aux deux finalistes de la faillite » la primaire, selon eux le grand « maillon faible » de l’école française.
Que lui reprochent-ils exactement ? « Si 20 à 30 % des élèves ne savent pas lire en arrivant en 6ème, si les capacités de raisonnement se dégradent à vue d’?il, c’est parce qu’elle ne remplit plus son rôle. Dans cette campagne, la question de l’école n’a pas été oubliée, certes. Mais que valent toutes les promesses superficielles quand deux tiers des 6ème ne savent même pas faire une règle de trois, ou quand 60 % d’entre eux ne savent pas diviser mentalement 90 par 4 », déplore Frédéric Guillaud, l’animateur de ce collectif, dont le comité de soutien regroupe des plumes célèbres ‘Jean d’Ormesson), des scientifiques de renom, des enseignants connus et … un ancien ministre de l’Education, Jean-Pierre Chevènement.
Des programmes clairs
Orthographe, syntaxe, vocabulaire, conjugaison, calcul, connaissances historiques, géographie de base… Pour eux, la baisse du niveau est générale. Partisans d’un électrochoc, ils demandent aux deux candidats à la présidentielle de rebâtir des programmes clairs autour des savoirs fondamentaux, en supprimant tout ce qui est annexe. Très favorables au redoublement dès le CP (si la lecture n’est pas maitrisée), ils plaident également pour l’instauration d’un examen en fin de CM 2 pour entrer en 6ème. Mais sans préciser ce que deviendraient alors les élèves qui auraient eu le malheur d’échouer.
(Source : Le Parisien 25/04/07)
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