26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 09:28
Pourquoi la pince est importante
Florence Kennel

Il n’existe pas dix façons différentes de bien tenir un stylo : une seule est efficace car elle permet un maintien souple du poignet. Or c’est cette souplesse qui permet, plus tard, d’écrire vite, lisiblement, et longtemps. Un enfant crispé, ou qui se fatigue le poignet, aura un jour du mal au collège ou au lycée à prendre ses notes, mais il sera alors trop tard pour le corriger facilement.
La bonne pince est donc celle-là : le pouce et l’index serrent tous les deux le crayon, sans se rejoindre. A eux deux ils tiennent le stylo tout seul : les autres doigts sont juste là pour servir de support, mais on doit pouvoir maintenir le crayon avec cette seule pince et bouger les trois autres doigts en dessous. Faites sentir à l’enfant qu’il peut tenir son crayon uniquement avec ces deux doigts : ça l’obligera à positionner correctement le pouce et l’index en évitant qu’ils se rencontrent ongle à ongle sur le stylo. Au début, il peut être utile de lui dessiner un point de couleur rouge sur la première articulation du majeur (là où les adultes possèdent le cal du stylo). La consigne est de chercher à cacher ce point par le stylo en tenant bien la pince comme indiqué.

 

Le fameux poignet cassé : attention !
Florence Kennel

Deuxièmement, le crayon doit être tenu dans l’axe du bras : il faut mener la guerre au poignet cassé, en particulier chez les gauchers dont c’est la tendance naturelle. C’est une bataille sans cesse recommencée, mais l’enjeu en vaut la peine. Essayez vous-même de tenir votre main repliée en escargot contre votre poignet, et sentez les tensions musculaires et tendineuses sur le dessus ; ça fait mal, ça chauffe, et plus tard ça se finira en crampe de l’écrivain. Donc, pour un poignet bien dans l’axe, on visualise une grande plume de faisan qui part du stylo et qui vient chatouiller l’épaule ; l’idéal est d’en récupérer une vraie à scotcher sur un crayon pour bien faire sentir à l’enfant la position du poignet qui en découle. La plume de faisan oblige en effet le stylo à revenir en position inclinée vers l’arrière, dans l’axe de l’avant-bras, au lieu d’être tenu à la verticale de la feuille comme le font souvent les enfants de maternelle.

 

Poignet en survol : l’autre péril
Florence Kennel

Un dernier point, moins important car se corrigeant plus facilement tout seul : le poignet en apesanteur. Ici, l’enfant décolle le poignet et raidit le coude. C’est un grand classique du CP, en particulier chez des enfants anxieux qui s’appliquent et durcissent leur geste. Pour les guérir plus vite, on récupère un calendrier mural qu’on utilise comme sous-main en ayant auparavant agrafé, en bas, sur toute la largeur, une bande de 5 à 10 cm de tissu très doux, la consigne étant : « tu dois frotter ton poignet contre le tissu doux quand tu écris ».

 

Apprendre à bien tenir son crayon à la maternelle
Florence Kennel

Tout se joue à la maternelle, car on donne très tôt aux enfants des « outils scripteurs » : pinceaux, feutres, bâtons de craie grasse… Pour autant, jouer avec eux ne doit pas être la porte ouverte à toutes les positions de la main, au risque de faire prendre de mauvaises habitudes. Car les enfants ont naturellement tendance à empoigner le crayon à l’aplomb de la feuille, bien vertical, les doigts serrés autour. Et comment feraient-ils donc autrement, avec ces énormes cylindres que sont les feutres pour enfants ? Essayez d’écrire avec un rouleau à pâtisserie, vous verrez… Les petits doigts sont faibles. Au Canada, le CP prévoit d’ailleurs des exercices de musculation des doigts; en attendant qu’ils arrivent en France, on donnera donc aux enfants des feutres légers, assez minces, mesurant au moins 10 cm pour que le feutre repose bien sur le creux de la main. Sinon, si c’est un « trognon » de crayon, ce dernier va à nouveau se retrouver tenu à la verticale. Pour les pinceaux, c’est un peu différent : un manche fin implique un pinceau ad hoc exigeant alors une bonne précision de trait. Donc il vaut mieux proposer des manches longs et des pinceaux un peu épais valorisant le « gros trait ».

 

Et si les mauvaises habitudes d'écriture sont prises ?
Florence Kennel

L’entraînement à l’écriture se fait au cours du CP : pas la peine donc de donner des lignes à faire à la maison, ce serait l’indigestion. En revanche les parents sont à même d’observer leur enfant en détail. Notez les arrêts, les espaces entre les lettres, les raccommodages souvent ratés pour redémarrer la lettre après avoir levé le stylo. Ces erreurs de positionnement sont différentes des embûches classiques du CP, comme les lettres et les chiffres qui tournent à l’envers ou démarrent du mauvais endroit, et que l’entraînement corrigera. Les soucis de maintien vont d’ailleurs souvent de pair avec un enfant qui appuie trop sur le crayon, qui écrit très lentement, parfois très gros et pas sur les lignes, parfois de façon crispée, même si le résultat est lisible et donc acceptable. Essayez alors de fluidifier le geste en proposant à l’enfant d’écrire sans s’arrêter des boucles de « e » en série, dans du sable, les yeux fermés sur un tableau (résultats étonnants, le geste se libère !) en gros sur une feuille, puis en petit, etc. Pour la position du poignet, en revanche, à part le jeu du faisan et du sous-main tout doux, il n’y a rien à faire, sinon faire reprendre, encore et encore, la bonne position…

 

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Published by PEEP Puteaux - dans Maternelles
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