Association de Parents d'élèves de Puteaux (PEEP de Puteaux 92800).
La plupart des professeurs ne reçoivent qu'un simple blâme.
L'ADMINISTRATION de l'Éducation nationale a-t-elle tendance à protéger ses enseignants lorsque ceux-ci commettent des faits délictueux ? La question a été posée cette semaine par
l'affaire de ce principal de collège exhibitionniste sur des pistes de ski. Ce dernier va être révoqué pour son attitude, comme s'y est engagé Xavier Darcos. Mais curieusement, ce même principal
avait déjà été condamné pour des faits similaires par la justice en 2004, et il n'avait alors eu droit qu'à un blâme.
Chaque année, une centaine d'enseignants ou de chefs d'établissement du second degré (collèges et lycées) sont sanctionnés. En 2007, ils ont été 150 dans ce cas, essentiellement pour des affaires
de violences et d'insultes, un mauvais service professionnel ou des affaires de mœurs."La hiérarchie est toujours très protectrice", reconnaît-on au ministère. Dans un
parquet de la région parisienne, on considère que le chiffre de 150 sanctions «est totalement sous-dimensionné car l'administration préfère régler la plupart de ses conflits en interne et à
l'amiable ».
Les affaires de violenceset d'injures plus nombreuses
Pour le rectorat de Versailles, la situation s'améliore malgré tout. La justice informe régulièrement les chefs d'établissement et le rectorat. Une faille peut apparaître lorsque les faits sont
commis sur un autre secteur, le lieu de vacances, par exemple. «L'Éducation nationale n'est pas toujours mise au courant, sauf si la condamnation est grave», estime le rectorat. Tel est le cas,
récent, d'un responsable d'établissement qui consultait des photos pornographiques à caractère pédophile sur son ordinateur. Une condamnation antérieure par le tribunal de Nancy ne figurait pas
sur son dossier administratif… Faute de transmission d'information. Dans les cas graves, lorsqu'un professeur est placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de côtoyer des mineurs, sa
hiérarchie est automatiquement informée. Dans les autres cas, il appartient à un magistrat spécialisé nommé dans chaque parquet d'apprécier, pour tout suspect, de l'opportunité de prévenir
son administration.
Le rectorat de Versailles a ainsi été mis au courant, il y a deux ans, d'attouchements commis par un enseignant dans un jardin public ou d'un autre qui s'adonnait à l'exhibition dans le parc
Montsouris, à Paris. Le premier a été révoqué, le second suspendu pendant un an avant d'être réintégré. Les affaires de mœurs sont prises au sérieux, estime le