Association de Parents d'élèves de Puteaux (PEEP de Puteaux 92800).
LesS « policiers référents », les « orphelins de 16 heures », les «internats de la réussite » Autant de formules médiatiques et médiatisées
pour des dispositifs lancés en 2006 dans les collèges par Nicolas Sarkozy, dans son département des Hauts-de-Seine, à l’époque où il était président du conseil général et déjà candidat à la
présidence de la République. Des mesures pilotes appelées à être étendues à l’ensemble du département puis, le cas échéant, au reste de la France. Qu’en est-il deux ans après ? Deux ont été
généralisées comme prévu, d’autres adaptées aux besoins des élèves et des enseignants
LES INTERNATS DE LA REUSSITE
Ce qui était prévu. L’objectif était de créer des internats afin d’héberger des élèves en difficulté sociale, mais ayant les capacités de réussir scolairement, dans un environnement propice aux
études. Ce qui a été fait. Inauguré en janvier 2006 par Nicolas Sarkozy, le premier internat, installé dans un institut puis dans un collège d’Asnières, était une structure pilote. Au départ, le
recrutement des élèves semble ne pas avoir toujours été fidèle aux critères sociaux retenus initialement. Les syndicats enseignants ont demandé la constitution d’une commission départementale
pour sélectionner les élèves. L’internat de la réussite d’Asnières effectue sa deuxième vraie rentrée cette semaine.
Où en est-on ? Des internats ont été créés dans d’autres académies de France. Dans les Hauts-de-Seine, de nouvelles ouvertures avaient été annoncées dès 2007. Le programme a pris du retard. Il
faudra attendre la construction de nouveaux établissements. Les prochains internats ouvriront en 2009 à Asnières (Renoir) et à La Garenne-Colombes (nouveau collège), en 2010 à Bourg-la-Reine
(Galois) et Nanterre (collège Perrin reconstruit) et en 2011 à Boulogne (nouveau collège).
LES POLICIERS RÉFÉRENTS
Ce qui était prévu. Si le collège ne va pas au commissariat, le commissariat ira à lui. Afin d’améliorer la sécurité, il s’agissait de nommer pour chaque collège un policier référent dans le
commissariat le plus proche, en mettant à sa disposition un local dans l’établissement pour prendre directement les plaintes.
Ce qui a été fait. Prévue pour être expérimentée dès mars 2006 dans certains collèges de trois villes du département (Antony, Clichy et Courbevoie), cette mesure a suscité de vives réactions
parmi les parents d’élèves, une partie des enseignants et les élus de gauche qui réclamaient plus de moyens pour la prévention par l’éducation. Les collèges de Clichy ont refusé. L’expérience n’a
été testée qu’à Antony et à Courbevoie. Finalement, la formule a été assouplie avant d’être étendue début 2008 à trente-deux établissements des Hauts-de-Seine.
Où en est-on ? Le dispositif a été adapté aux demandes des chefs d’établissement. Pas de policier de permanence dans les collèges, ils reçoivent généralement les élèves dans le commissariat. Leur
rôle ressemble beaucoup à celui de leurs prédécesseurs, les « officiers de prévention », mais ils peuvent se déplacer dans les collèges pour prendre les plaintes du personnel éducatif en cas
d’agression ou de détérioration de matériel. Cette année, le dispositif doit être généralisé dans le département : tous les collèges doivent donc, théoriquement, disposer d’un référent au
commissariat. Mais contrairement à ce qui avait été annoncé en 2007, l’expérience reste cantonnée au département.
LES ORPHELINS DE 16 HEURES
Ce qui était prévu. En finir avec les « orphelins de 16 heures », comme Nicolas Sarkozy les appelle, ces jeunes collégiens qui, à la fin des cours, se retrouvent livrés à eux-mêmes, dans la rue,
jusqu’au retour du travail de leurs parents. L’idée était donc de proposer une formule d’étude gratuite permettant de faire la jonction en gardant les élèves au collège.
Ce qui a été fait. Testé dès 2004 à Nanterre et à Clichy, ce dispositif a été étendu à l’ensemble des collèges des Hauts-de-Seine à la rentrée 2005. Certains principaux et professeurs ont choisi
d’offrir ces séances à des groupes d’élèves plus ou moins nombreux, selon les choix pédagogiques et le niveau. Les heures (financées par le conseil général) étaient assurées par une minorité
d’enseignants, sur la base du volontariat, et par des intervenants (bénévoles d’associations ou assistants d’éducation). Elargi au niveau national, ce dispositif doit être pris en charge à partir
de cette rentrée par l’Etat, c’est-à-dire par l’Education nationale. 118 postes d’assistants pédagogiques ont donc été créés pour les Hauts-de-Seine, pour les collèges et les écoles de
l’éducation prioritaire, mais cela risque de ne pas être suffisant.
Où en est-on ? Concrètement, le dispositif ne tient pas totalement sa promesse : la grande majorité des collèges réservent cet « accompagnement éducatif » aux élèves en difficulté et volontaires,
pour faire de l’aide aux devoirs. Et de très nombreux collégiens continuent à se retrouver seuls à la fin des cours, parfois dès 14 heures ou 15 heures.
Le Parisien - Florence Hubin | 04.09.2008,