Les parents de Charles en sont persuadés, c'est à l'expérience de Carmen, auxilliaire de vie scolaire, (AVS) qui travaille depuis de longues années auprès des enfants handicapés, qu'ils doivent les
progrès spectaculaires de leur fils, autiste. "Elle sait anticiper ses angoisses et le calmer", explique son père, qui s'est battu pour obtenir cet accompagnement et conserver la même AVS.
Les AVS sont embauchés, souvent dans le cadre de contrats aidés, pour des durées de dix mois (ils ne travaillent pas les mois d'été) et souvent à temps partiel. Sans compter qu'au mois de juin
dernier, il a été proposé à 42 des 227 du dpt de passer d'un temps plein à 845€ par mois à un mi-temps pour 545€. Difficile de pérenniser le personnel dans ces conditions...
Pour cette rentrée, l'I.A. des HdS annonce qu'il a obtenu la création de 43 postes supplémentaires, soit 86 AVS à mi-temps. Des créations survenues qq. jours avant la rentrée. Ce qui signifie, pour
l'inspecteur, 86 personnes à recruter le plus rapidement possible, sans compter les AVS de l'année précédente qui ont trouvé un travail ailleurs et qu'il faut remplacer ! Selon l'inspection
d'académie, la transformation de ces 42 temps pleins en postes à mi-temps permet de dégager du temps au profit de l'accompagnement. Car sur quarante et une heure de travail hebdomadaire, seules
vingt-quatre, cad. le temps scolaire, sont consacrés à l'accompagnement des enfants en classe.
Reste à trouver le temps pour la formation. L'a dernier 35% des AVS ont pris en charge les enfants handicapés sans formation. Ils n'étaient plus "que" 5% à la fin de l'année scolaire, selon le
ministère de la Solidarité.
Pourtant, "l'accompagnement des enfants handicapés scolarisés ne s'improvise pas", estime -t-on à Grandir à l'école, une association de parents qui oeuvre pour l'intégration scolaire des enfants
handicapés. "Il demande même une formation, une expérience, bref un professionnalisme que l'actuel statut précaire des AVS est bien incapable de garantir.
L'Association nationale des AVS et la Fédération nationale au service des élèves en situation de handicap réclament la création d'un nouveau métier : accompagnant de vie scolaire et sociale ".