Association de Parents d'élèves de Puteaux (PEEP de Puteaux 92800).
Aprèsavoir reculé ce matin sur la réforme de la seconde, c'est désormais sur
toute la réforme du lycée que le gouvernement fait marche arrière. La
raison invoquée : "un besoin d'explications".
Chaque étape de la réforme du lycée va être reportée d'un an, de la
seconde à la terminale, a indiqué, lundi 15 décembre, le ministère de
l'Education à l'AFP. Autrement dit, la réforme s'appliquera de la
rentrée 2010 à la rentrée 2012.
Concrètement, cela signifie que la nouvelle seconde va entrer en
vigueur à la rentrée 2010, celle de la nouvelle première à la rentrée
2011 et celle de la terminale nouvelle version à la rentrée 2012,
explique le ministère.
Le schéma initial prévoyait une mise en oeuvre respectivement aux rentrées
2009, 2010 et 2011.
Si le ministre de l'Education Xavier Darcos avait déjà annoncé, lundi
matin, sa décision de reporter la réforme de la classe de seconde, il
n'avait toutefois pas donné de précisions sur le calendrier de mise en
oeuvre des deux classes supérieures.
Lors d'une conférence de presse à Jérusalem, il a ajouté : "Je préfère
différer d'un an la réforme de la seconde. On n'est pas à un an près".
"Je n'ai pas le sentiment d'avoir reculé", a-t-il ajouté, disant ne pas
avoir voulu se laisser "piéger" en "laissant la classe de seconde en
otage".
"La réforme du lycée a fait à l'origine l'objet d'un consensus. Nous
étions à peu près arrivés à une maquette qui satisfaisait tout le
monde. Malgré ce consensus, il y a un climat de tension extrême et la
classe de seconde est devenue un point de fixation. On ne peut plus
parler sereinement", a-t-il déclaré.
"Besoin d'explication"
Après que Xavier Darcos eut annoncé le report de la réforme de la
seconde, le Premier ministre François Fillon a, de son côté, justifié
lundi le report de la réforme des lycées en affirmant que celle-ci
avait "besoin d'explication" et que l'"on n'est pas à trois mois près".
"Nous avons estimé, avec le président de la République, que cette
réforme avait besoin de plus d'explication, de plus de concertation", a
expliqué le Premier ministre en marge d'un déplacement à Orléans.
"Il faut prendre le temps d'une information complémentaire, a-t-il
ajouté, mais la réforme du lycée sera conduite, parce qu'il y a besoin
de moderniser, d'être plus efficace, de lutter contre l'échec scolaire".
Interrogé sur une échéance d'entrée en vigueur de la réforme, il a
affirmé : "On verra bien quel sera le rythme que le président de la
République imprimera (...) on n'est pas à trois mois près".
Le chef du gouvernement a encore admis que "si on continue la
concertation, il y a toujours la possibilité d'une évolution du
contenu".
Accord de Sarkozy
"C'est une décision que j'ai prise moi-même, que j'ai mûrement
concertée pendant le week-end, mais évidemment j'ai consulté plusieurs
fois le président de la République lui-même avec qui j'ai eu plusieurs
entretiens pour qu'il me donne son accord", a précisé le ministre de
l'Education lundi sur Europe 1.
"Nous avons trouvé qu'il était convenable de faire ainsi, tout
simplement parce qu'objectivement le climat ne se prête pas à avancer
sereinement sur une réforme qui est pourtant tout à fait nécessaire".
"Prolonger les discussions"
"Xavier Darcos a décidé de laisser plus de temps pour la mise en oeuvre
de la réforme de la classe de seconde initialement prévue à la rentrée
2009 dans le cadre de la réforme du lycée", avait écrit lundi matin
Xavier Darcos dans un communiqué.
Son entourage avait précisé que cela signifiait "de facto", que la
réforme de la seconde était "repoussée" à une date ultérieure.
Dans son communiqué, le ministre expliquait vouloir "prolonger les
discussions sur le lycée, en abordant sans tabou tous les sujets, qu'il
s'agisse de la place des enseignants dans ce futur lycée ou de
l'équilibre respectif des disciplines".
"Ces équilibres devront faire l'objet d'une large concertation avec les
représentants des enseignants, des lycéens et des familles",
poursuivait-il.
Selon Le Figaro,
l'Elysée serait intervenu pour demander au ministre de calmer le jeu,
jugeant nécessaire "d'approfondir le travail d'explication sur le
lycée".
Manif lycéenne jeudi
Le report de la réforme intervient alors que la grogne est montée dans
les lycées ces deux dernières semaines. Opposées au projet du
gouvernement, les deux principales organisations lycéennes UNL et Fidl
ont appelé à des mobilisations cette semaine. De nombreuses assemblées
générales sont prévues dans les lycées ce lundi.
Lucie Bousser, présidente de l'UNL, a indiqué lundi que le mot d'ordre
de manifestations pour jeudi était maintenu, même si le report de la
réforme de la seconde constitue "une avancée". (avec AFP)
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NOUVELOBS.COM | 15.12.2008 | 16:07