Association de Parents d'élèves de Puteaux (PEEP de Puteaux 92800).
On n’aère pas assez les classes
L’observatoire de la qualité de l’air dresse un constat alarmant :
l’atmosphère est plus polluée dans les écoles qu’à l’extérieur. Une étude inédite est lancée dans 150 établissements…
Frédéric Mouchon et Jila Varoquier | 31.03.2009
L’air des salles de classe est-il irrespirable ? Après la révélation la
semaine dernière de niveaux de pollution anormalement élevés dans des
crèches, c’est aujourd’hui l’atmosphère respirée à l’intérieur des
établissements scolaires qui suscite l’inquiétude de la secrétaire d’Etat
à l’Ecologie.
Chantal Jouanno lancera donc cette année une enquête dans 150 écoles ou
crèches pour y mesurer la qualité de l’air intérieur et le type de
polluants auxquels sont soumis quotidiennement les enfants (lire ci-contre
son interview) .
Sans attendre les résultats de cette étude inédite, l’observatoire de la
qualité de l’air intérieur dresse déjà un constat préoccupant. « Les
études déjà menées sur la pollution de l’air montrent que la concentration
des polluants est généralement plus importante dans les classes qu’à
l’extérieur, souligne l’observatoire. Les performances scolaires des
élèves, déclinées en termes de temps de réaction, de notes obtenues ou
d’absentéisme sont affectées par des taux de renouvellement d’air faibles.
»
«Nous avons perdu l’habitude de renouveler l’air »
Plusieurs études internationales, ciblées sur les bureaux, ont aussi
montré une relation entre la mauvaise ventilation d’une pièce et la
survenue de maux de tête, de fatigue, de gênes respiratoires.
L’observatoire constate que les professeurs des écoles, « autrefois
sensibilisés à la nécessité de ventiler les classes, ne sont plus
aujourd’hui amenés à ouvrir les fenêtres des salles de classe pour
renouveler l’air dans des bâtiments où le plus souvent aucun système de
ventilation n’est installé ».
L’observatoire de la qualité de l’air a testé pendant plusieurs mois, dans
six établissements recevant des enfants, un boîtier indiquant, à partir de
diodes lumineuses, le niveau de confinement de la pièce.
« Cet appareil permet de savoir si une pièce a besoin ou non d’être aérée,
souligne Séverine Kirchner, coordinatrice scientifique auprès de
l’organisme. Il sera installé en septembre dans une centaine
d’établissements et nous lançons dans la foulée un questionnaire pour
savoir quels sont les freins à l’ouverture des fenêtres dans les classes.
» « On peut trouver un millier de raisons, mais nous avons tout simplement
perdu l’habitude de renouveler l’air, reconnaît Sylvie Boucher, directrice
de l’école maternelle de la place des Vosges, à Paris. En fait, c’est
surtout par sécurité que nous évitons d’ouvrir les fenêtres.
Habituellement, nous avons des entrebâilleurs qui permettent d’entrouvrir
les vitres. Malheureusement, notre école étant un peu vieille, ils sont
tous cassés ! Et ouvrir en grand une fenêtre peut très vite tourner au
drame. » « Il y a quelques années, j’ai eu dans une de mes classes un cas
de défenestration, raconte Raïssa, maîtresse d’école en petite section. Je
vous assure que, depuis, air ou pas, je m’assure que les fenêtres sont
bien fermées. »