La note de vie scolaire contestée
HORMIS le ministre de l’Education, Gilles de Robien, la note de vie scolaire, déjà appliquée dans neuf collèges sur dix, aura du mal à trouver des défenseurs. La principale fédération de parents d’élèves, la FCPE, vient de se livrer à un petit jeu de massacre contre cette note de conduite, qui mesure l’assiduité de l’ élève, son respect du règlement et sa participation à la vie de l’établissement, et qui comptera pour l’obtention du brevet en juin. Des situations ubuesques et inégalitaires La FCPE, qui la critique depuis sa création en septembre 2006, à compilé les plus belles perles relevées dans les établissements. A La Rochelle (Charente-Maritime), des élèves restés chez eux un jour de grève de professeurs se sont vu retirer deux points… alors que leurs parents avaient préféré les garder à la maison puisqu’ils n’avaient pas cours ! Dans le Bas- Rhin, les délégués ont reçu en récompense deux points de plus sur leur note. Dommage qu’il n’y ait que deux délégués par classe. En Meurthe-Moselle, des points ont été attribués aux élèves qui participaient à un club où ils s’amusaient aux … jeux vidéo. «Idem pour les élèves qui participent à des activités n’ayant lieu qu’à l’interclasse du midi, excluant de fait tous ceux qui rentrent déjeuner chez eux. Ce bêtisier montre bien l’arbitraire de cette note, ses anomalies et ses dérives. Ses critères remettent en cause l’égalité de traitement entre les élèves et déconcertent totalement les parents. C’est une note gadget qui n’a plus aucun sens, et qui tombera à mon avis bientôt dans l’oubli », explique Faride Hamana, leader de la FCPE, qui souhaite une remise à plat et, à terme, une « annulation du décret ».
L’autre grande fédération de parents émet un jugement à peine moins négatif. « Nous étions d’accord sur le principe de cette note, mais sa mise en oeuvre n’a visiblement pas fonctionné, faute de pilotage : elle a créé des dissensions entre les élèves, certains collèges l’ont distribuée au premier trimestre mais pas au deuxième. Nous sommes très déçus », note Anne Kerkhove, présidente de la Peep, autre importante association de parents d’élèves, qui lancera bientôt à son tour une enquête sur cette note. Faute de crédits suffisants, des centaines de milliers d’élèves ne disposent pas de manuels scolaires conformes aux programmes. C’est le résultat d’une longue enquête, menée par le Syndicat national de l’édition (SNE) et l’association Savoir lire, qui montre qu’au collège la moitié des 6ème ne dispose pas de manuels scolaires conformes aux programmes en langues vivantes. Environ 100 000 élèves de 5ème rencontrent le même problème pour les maths, Selon le SNE, l’enveloppe globale dans le budget 2007 pour les manuels est en baisse de 14 %.
(Source : Le Parisien du 28/03/07)