4,8 millions d'enfants de familles modestes bénéficient de l'allocation de rentrée scolaire. Cette année, elle va être modulée. Les 6-10 ans continueront à percevoir 272,57 €, les collégiens et les
lycéens vont toucher un bonus. Nadine Morano, secrétaire d'Etat à la Famille, s'explique.
INVITEE ce matin à l'assemblée générale de l'Union nationale des associations familiales, la plus grosse fédération d'associations familiales, Nadine Morano doit officialiser la modulation des
allocations familiales, en fonction de l'âge de l'enfant, à la rentrée prochaine.
Qu'allez vous dire, ce matin, aux militants de l'Union nationale des associations familiales ?
Nadine Morano. Avec Xavier Bertrand, nous allons présenter les grands axes de la politique familiale du gouvernement. Je vais leur annoncer la modulation de l'allocation de rentrée scolaire. Cette
aide financière que 4,8 millions d'enfants de familles modestes touchent chaque année, fin août, était jusqu'à présent identique du CP à la terminale... On sait qu'elle couvre 80 % des besoins d'un
élève de primaire à la rentrée mais qu'elle est insuffisante pour les plus grands. A la rentrée prochaine, nous allons donc l'augmenter pour les ados, sans toucher à l'allocation de base. Les
parents des 6-10 ans continueront à percevoir 272,57 €, mais elle passera à 287,57 € pour les 11-14 ans et à 297,57 € pour les 15-18 ans. Autrement dit, on va l'augmenter de 15 € pour les
collégiens et de 25 € pour les lycéens.
« 50 millions d'euros supplémentaires »
Vous avez donc obtenu une enveloppe inespérée ?
C'est un budget de 50 millions d'euros supplémentaires. J'avais proposé plusieurs scénarios à François Fillon et je suis heureuse qu'il ait retenu le scénario le plus favorable pour les familles.
Il n'y a aura pas de perdants et pas d'économies faites sur leur dos.
Vous allez annoncer de nouveaux chantiers pour cette politique familiale « forte » ?
Nous allons nous atteler à intensifier la politique d'accueil de la petite enfance. C'est l'engagement du président du République que nous avons à mettre en oeuvre. 350 000 offres de garde
supplémentaires doivent être développées pour mieux coller au besoin des familles d'ici à 2012. Il faut booster la création des crèches d'entreprise, qui ne représentent encore que 5 000 places sur
tout le territoire, et favoriser le regroupement d'assistantes maternelles dans des micro-crèches. Je voudrais aussi inciter les entreprises à signer la charte de la parentalité, pour mieux prendre
en compte les besoins spécifiques des salariés qui ont des enfants. La France est le premier pays d'Europe en termes de natalité et nous sommes enviés... L'objectif est de le rester !
Propos recueillis par Florence Deguen samedi 21 juin 2008 | Le Parisien