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Association de Parents d'élèves de Puteaux (PEEP de Puteaux 92800).

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Xavier Darcos : « Que dirait-on si je ne réformais rien ? »

Un peu partout en France, hier, les enseignants ont manifesté. « Une

mobilisation réussie », selon les syndicats prêts au « rapport de force »

avec leur ministre. Xavier Darcos leur répond : il ne comprend pas cette

contestation.

 

C.P. | 21.11.2008,

 

UN INSTITUTEUR sur deux en grève : comme prévu, c’est dans le primaire que

la mobilisation a été très forte hier. Malgré l’habituelle querelle de

chiffres (48 % de grévistes en primaire et 21 %dans le secondaire selon le

ministère, 69 %et 50 %selon les syndicats), la grève dans le premier degré

y a été de toute façon la plus suivie depuis plus d’un an.

 

Protestant contre le train d’enfer des réformes, menées sur fond de

restrictions budgétaires et de suppressions de postes, les 131

manifestations recensées ont rassemblé entre 163 000 et 200 000

personnes. « Une grève de plus pour rien », regrette Xavier Darcos qui ne

voit pas dans cette « énième mobilisation » de raison de freiner ses

réformes. Pour les syndicats, de gauche et de droite, la journée a été «

une réussite ». « La preuve que le mécontentement que M. Darcos refuse

d’entendre gronde dans tous les recoins au quotidien », observe Gérard

Aschieri, le patron de la FSU, première fédération d’enseignants. Dès

lundi, l’intersyndicale se réunira pour envisager « la suite », prête « au

rapport de force ». Le Snalc, classé à droite, suggérait hier soir un

boycott des examens blancs.

 

La mobilisation des professeurs a été plutôt bien suivie.

Comment y réagissez-vous ?

Xavier Darcos. Si le mouvement est important, je constate qu'il ne l'est

guère plus que d'habitude. On avait annoncé « la grève des grèves » mais

la mobilisation est même inférieure à ce qu'elle était le 20 novembre de

l'année dernière, avec 10 % de grévistes en moins au global. Quand on

observe la kyrielle de mouvements sociaux qui se sont succédé depuis dix

ans - cette grève est la trente troisième -, sous des ministres de gauche

comme de droite, on a toujours des chiffres comparables. Ce qui montre

bien que ces mouvements ont un autre fondement. Les slogans sur la « casse

du service public » sont d'ailleurs les mêmes depuis trente ans !

Les syndicats et les grévistes vous reprochent de « faire l'autruche » et

de minorer le mécontentement, qui a pourtant rassemblé des syndicats de

gauche et de droite, du public et du privé...

Ce reproche, on l'a fait, de tout temps, à tous les ministres. Je trouve

étrange qu'on me l'adresse aujourd'hui. Sur l'école primaire, ceux qui

défilent ont signé un accord voire deux accords avec moi. Sur la réforme

du lycée, le Snes, l'Unsa et les syndicats lycéens ont également signé un

protocole sur les objectifs et les principes directeurs du futur lycée !

Comment comprendre alors leur contestation aujourd'hui ?

On vous reproche moins le fond des réformes que la rapidité avec laquelle

vous les menez et voulez les mettre en ?uvre.

La rapidité ? Mais que dirait-on si je ne reformais rien ? Pourquoi

l'éducation nationale serait le seul endroit où il faut toujours différer

les réformes ? Prenons la réforme du lycée. On en a parlé en avril, on a

signé un protocole en juin, on s'est donné jusqu'à Noël pour aboutir à une

nouvelle classe de seconde, qui soit mise en ?uvre à la rentrée prochaine

: soit un an et demi au total. Combien de temps faut-il prendre ?

L'intérêt des élèves n'attend pas.

Les enseignants parlent de mépris de votre part : à leur égard, et celui

d'un métier qu'ils estiment effectuer avec de plus en plus de

difficulté(s) au quotidien...

Je ne méprise pas les enseignants et ne mépriserai jamais une profession

que j'ai exercé l'essentiel de ma vie. Il y a cependant des réformes qui

doivent être faites, sur lesquelles nous avons été élus. Et je fais en

sorte qu'elles soient mises en ?uvre durant ce quinquennat. J'ai au

contraire pris pas mal de mesures en leur faveur : le prêt à taux zéro

pour la mobilité, la prime à l'entrée dans le métier. 410 millions d'euros

financent des mesures catégorielles.

 

« Ce n'est pas en continuant au rythme de quatre grèves par an qu'on

avancera »

Vous refuserez la demande qui vous est faite par le syndicat des

instituteurs d'ouvrir des négociations dans les cinq jours ?

J'ai signé quinze accords de fond avec eux en deux ans. Les négociations,

cela fait un an et demi que nous les conduisons et cela continuera

naturellement. Mais il est curieux que les syndicats se rendent compte

aujourd'hui de ma volonté de poursuivre le dialogue.

En est-on au « divorce », au rapport de force, comme le promettent les

grévistes ?

Je fais la différence entre les syndicats et les enseignants en général et

je ne pose surtout pas le problème en ces termes. Ce n'est pas en

continuant au rythme de quatre grèves par an qu'on avancera. Ce pays a

besoin d'améliorer les résultats de son école et de nouveaux services

offerts aux élèves. Honnêtement, les problèmes que doit surmonter l'école

ne sont pas apparus en un an et demi, depuis que je conduis des réformes.

Ils remontent à bien plus longtemps et nécessitent une réforme en

profondeur.

 

Le Parisien

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