Association de Parents d'élèves de Puteaux (PEEP de Puteaux 92800).
Faute de viande halal, certains parents demandent que des repas sans
viande soient servis à leur enfant. Ce qui embarrasse les élus.
Yves Fossey | 24.11.2008
C’EST LE NOUVEAU casse-tête de certaines municipalités. Alors qu’elles
proposent un service de restauration scolaire, depuis peu, des parents qui
utilisent la cantine souhaitent qu’aucune viande ne soit servie à leur
enfant. Cette situation embarrasse les élus. Pour eux, ces demandes
s’apparentent à des rites particuliers et, de ce fait, le plus souvent,
ils s’opposent à cette exigence.
Ce cas de figure est notamment survenu à Carrières-sous-Poissy. Trois
familles ont formulé une requête dans ce sens au maire. Eddie Aït (PRG) a
donc évoqué le sujet en commission des menus. « Nous avons choisi de ne
pas répondre à la demande de viande halal et de repas confessionnels qui
sont basés sur les croyances religieuses et qui sont du ressort de la
sphère privée, indique l’édile. Notre but est de rester dans le cadre
strict du service public laïc. » Il s’appuie notamment sur les mesures de
la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) préconisées pour
l’organisation de la restauration scolaire. « Des repas spécifiques sont
prévus pour les élèves dont l’état de santé nécessite un régime
particulier, précise-t-il. Et cela sur présentation d’un certificat
médical. »
Les enfants qui le souhaitent peuvent apporter leur déjeuner
A Poissy où le sujet est aussi d’actualité, Frédérik Bernard (PS), le
maire, est sur la même ligne. « Si les enfants qui mangent à la cantine ne
souhaitent pas manger de viande, ils peuvent prendre plus de légumes ou
encore du poisson », suggère-t-il. Opposé aux demandes particulières,
l’élu rappelle également que les scolaires peuvent apporter leur déjeuner
à l’école. Le menu est alors cuisiné à domicile par la famille de
l’enfant. « Les parents assument la pleine et entière responsabilité du
contenu », prévient le maire. Toutefois, ce mode de préparation doit être
en conformité avec les règles du projet d’accueil individualisé, notamment
les normes d’hygiène et de sécurité.
La chaîne du froid doit aussi être impérativement respectée. Le repas est
déposé dans un réfrigérateur le matin à l’arrivée de l’élève. Il sera
réchauffé dans un four prévu à cet effet.
Même si les demandes spécifiques, répondant à des rites particuliers, sont
relativement faibles, cette disposition peut provoquer des remous. La
ville de Lyon, qui a mis en place des menus sans viande dans 130 cantines
depuis la rentrée 2008, en a fait l’expérience. Une association, jugeant
cette décision contraire à la laïcité, a déposé un recours devant le
tribunal administratif dans le but d’obtenir son annulation.
Le Parisien