Depuis hier, les futurs bacheliers peuvent formuler leurs voeux
d'inscription sur le portail Internet du ministère de l'Enseignement
supérieur. Administration-postbac.fr. Et ils n'ont pas trainé puisque,
en une seule journée, 13 000 lycéens de terminale se sont déjà connectés.
Le site offre également un service inédit qui leur sera très précieux
avant le grand saut dans les études supérieures : ils peuvent dès
maintenant savoir s'ils seront boursiers l'an prochain.
"Les jeunes sont alors plus enclins à se lancer dans un projet d'études
ambitieux"
En France, près de 550 000 étudiants (10 % de plus que l'an dernier)
bénéficient actuellement de cette aide financière de l'Etat. Mais
plusieurs milliers d'étudiants - notamment les futurs élèves des classes
prépas - passent à côté, faute d'avoir été bien renseignés. "Au lycée, les
élèves connaissent mal leurs droits en matière d'aides sociales,
déplore-t-on dans l'entourage de Valérie Pécresse, la ministre de
l'Enseignement supérieur. Cette fois, ils sauront en quelques clics, avant
même leur inscription à l'université ou ailleurs, s'ils sont éligibles à
une bourse. Il suffit de rentrer quelques informations, dont les revenus
du foyer fiscal, et vous voilà informé du montant de votre subvention : de
la simple exonération des droits d'inscription jusqu'à 446 Euros mensuels
(pendant neuf mois) pour les étudiants les moins fortunés.
"Savoir dès maintenant s'ils seront financièrement aidés est un déclic
pour de nombreux jeunes. Ils sont alors alors plus enclins à se lancer
dans un projet d'études ambitieux. Ce nouveau système évite l'autocensure,
surtout en classe préparatoire aux grandes écoles", prévient-on au
ministère.
Facultative pour les futurs étudiants à l'université, en BTS ou en IUT,
cette procédure sera obligatoire pour tous ceux qui postulent dans ces
filières sélectives. Objectif : coller aux objectifs que s'est fixés le
gouvernement en matière de diversité. L'an prochain en effet, chaque
classe prépa devra compter dans ses rangs au moins un quart d'élèves
boursiers. "Les proviseurs des lycées qui abritent ces prépas sauront
aussitôt si ceux qui candidatent sont boursiers. A dossier égal, ils
auront la possibilité de les retenir en priorité." Ailleurs qu'en France
où le mot fait encore tiquer, on appellerait ça de la discrimination
positive...
Le Parisien 21/01/09